Le choix du format dépend surtout du support de diffusion

Un fichier de sous-titres ne contient pas l’image du film : il associe du texte à des codes temporels, afin que chaque réplique apparaisse et disparaisse au bon moment. Le format à privilégier dépend donc moins du logiciel utilisé pour le montage que de la plateforme, du diffuseur ou du support de projection.

Pour un court-métrage, les trois formats les plus souvent rencontrés sont le SRT, le WebVTT — généralement abrégé VTT — et le STL EBU. Ils ne répondent pas exactement aux mêmes besoins :

  • SRT : un format simple, polyvalent et largement accepté par les plateformes vidéo ;
  • VTT : un format conçu pour la diffusion sur le web et les lecteurs HTML5 ;
  • STL EBU : un format professionnel destiné notamment à la télévision et à certains workflows de diffusion.

Le SRT : la solution la plus compatible

Le SubRip Subtitle, ou SRT, est un fichier texte particulièrement simple. Chaque sous-titre comprend généralement un numéro d’ordre, un code temporel de début et de fin, puis le texte à afficher. Les blocs sont séparés par une ligne vide.

Son principal avantage est sa compatibilité. De nombreux lecteurs vidéo, plateformes de partage, outils de montage et logiciels de sous-titrage savent importer un SRT. Il est donc souvent le meilleur choix pour :

  • mettre un court-métrage en ligne ;
  • fournir une version accessible aux spectateurs sourds et malentendants ;
  • transmettre rapidement un fichier à un festival ou à un partenaire ;
  • conserver une version de travail facilement modifiable.

En revanche, le SRT gère de manière limitée la mise en forme et le positionnement. Certaines plateformes interprètent les balises différemment, voire les ignorent. Il faut aussi vérifier l’encodage du fichier, de préférence en UTF-8, pour éviter les caractères incorrects dans les noms propres, les accents ou les dialogues multilingues.

Le VTT : plus adapté aux lecteurs web

Le WebVTT a été conçu pour être utilisé avec la balise vidéo HTML5. Il peut contenir des sous-titres classiques, mais aussi des informations utiles à l’expérience en ligne : positionnement, alignement, style et parfois descriptions destinées à l’accessibilité.

Par rapport au SRT, le VTT reconnaît notamment la notation de temps avec des points pour les millisecondes et accepte des métadonnées, comme un en-tête WEBVTT. Il est particulièrement pertinent lorsque le court-métrage est intégré à :

  • un site internet ;
  • une plateforme de vidéo à la demande ;
  • un lecteur HTML5 personnalisé ;
  • une page présentant plusieurs langues ou plusieurs pistes de sous-titres.

Le VTT n’est toutefois pas automatiquement accepté par tous les logiciels de montage ou toutes les plateformes. Avant de le livrer, il est recommandé de tester le fichier dans le lecteur réellement utilisé par le public. Un sous-titre techniquement valide peut encore présenter des problèmes de longueur de ligne, de lisibilité ou de synchronisation.

Le STL EBU : pour les contraintes de diffusion professionnelle

Le terme STL peut prêter à confusion : dans le contexte du sous-titrage audiovisuel, il désigne généralement le format EBU STL, normalisé pour les échanges de sous-titres entre professionnels de la télévision. Il ne s’agit pas du format STL utilisé en impression 3D.

Le STL EBU peut transporter davantage d’informations qu’un SRT, notamment des paramètres liés au timecode, au positionnement, au style, à la langue ou aux contraintes de diffusion. Il est donc adapté lorsque le diffuseur, la chaîne, le laboratoire ou le distributeur l’impose dans ses spécifications techniques.

Ce format est moins pratique pour un usage improvisé : sa structure est plus spécialisée et les fichiers peuvent être moins faciles à modifier avec un simple éditeur de texte. Il faut également respecter précisément les conventions demandées, car les paramètres de diffusion varient selon le circuit professionnel.

Tableau comparatif des trois formats

FormatUsage principalAtoutsPoints de vigilance
SRTPlateformes vidéo, échanges courantsSimple, lisible, très compatiblePositionnement et styles limités
VTTWeb et lecteurs HTML5Positionnement, métadonnées, accessibilité webCompatibilité variable hors web
STL EBUTélévision et diffusion professionnelleInformations techniques et workflow broadcastPlus complexe, à fournir selon les spécifications du diffuseur

Comment choisir le bon fichier pour son court-métrage

Le choix peut être fait selon une règle simple :

  1. Pour une mise en ligne généraliste, préparer un SRT constitue généralement le point de départ le plus sûr.
  2. Pour un site ou un lecteur web contrôlé, privilégier le VTT afin d’exploiter les fonctions de positionnement et d’accessibilité.
  3. Pour une chaîne, un distributeur ou un laboratoire, demander les spécifications techniques avant l’export et utiliser le STL EBU si celui-ci est requis.

Quel que soit le format, le contrôle qualité reste essentiel. Il faut vérifier les entrées et sorties de sous-titres, la vitesse de lecture, les coupures de phrase, les noms des personnages et la cohérence des termes. Un sous-titre doit rester suffisamment longtemps à l’écran pour être lu, sans apparaître trop tôt ni disparaître avant la fin de la réplique.

Pour un court-métrage destiné à plusieurs supports, il est pertinent de conserver un fichier maître dans un logiciel de sous-titrage, puis d’exporter une version SRT, VTT ou STL selon chaque destinataire. Cela évite de retoucher séparément plusieurs fichiers et limite les écarts entre les versions linguistiques.

FAQ sur les formats SRT, VTT et STL

Le SRT est-il suffisant pour un festival ?

Souvent, oui, mais cela dépend du règlement du festival. Certains demandent un SRT, d’autres acceptent un fichier intégré à la vidéo ou imposent un format précis. Il faut toujours consulter les consignes de livraison.

Peut-on convertir un SRT en VTT ?

Oui. La conversion est généralement simple, mais elle doit être vérifiée après export : en-tête, notation temporelle, caractères spéciaux, positionnement et éventuelles balises peuvent différer.

STL signifie-t-il toujours EBU dans le sous-titrage ?

Non. STL peut désigner plusieurs formats selon le contexte et le logiciel. Pour éviter toute erreur, il faut demander au destinataire s’il attend précisément un EBU STL et obtenir ses spécifications.

Quel format choisir pour des sous-titres sourds et malentendants ?

Le format ne suffit pas à garantir l’accessibilité. Il faut aussi retranscrire les sons utiles — musique, bruit significatif, voix hors champ —, identifier les locuteurs lorsque nécessaire et respecter des règles de lisibilité. Le SRT comme le VTT peuvent servir de base, selon la plateforme de diffusion.